√ Le style offensif de Chartres, « made in » Sébastien Lambert – Scam

Même s’il n’a pas battu son record de points marqués (voir encadré ci-dessous) samedi dernier, Chartres n’a jamais été aussi offensif. Face à Orchies (109-81), il a pourtant fait tomber quelques records, comme l’évaluation collective à la mi-temps, avec un hallucinant 95, pour finir à 152 ! Avant de recevoir Andrézieux, où lors du match aller le CCBM avait frôlé les 100 points (86-96), le coach Sébastien Lambert explique pourquoi il aime ce jeu offensif.

Sébastien, vous auriez pu faire un effort pour battre le record de points face à Orchies ?
L’objectif était de gagner, de faire un match sérieux, appliqué, c’est ce qu’on a fait.

Le match aller face à Andrézieux

Vous tournez à 94,7 points de moyenne, soit 6 points de plus que la saison passée (88,1 pts). Comment expliquez-vous cette réussite phénoménale ?
Cela fait partie de notre basket, en tous les cas du mien. Je suis persuadé que si on rejouait Caen et Le Havre aujourd’hui, les résultats ne seraient pas les mêmes (1). Notre basket n’était pas en place à ce moment-là (en octobre), on a joué ces équipes beaucoup trop tôt. On a un basket basé sur des répétitions de course, et pour cela, il faut être bien physiquement, ce qui n’était pas le cas, après une préparation tronquée.

« J’aime avant tout le beau jeu »

Quand on regarde votre 5 majeur, il tourne à 14,2 de moyenne, bien au-dessus des autres (2)…
Oui, mais il n’y a pas qu’eux, c’est un ensemble. On est sur un partage des responsabilités. J’aime les équipes qui sont multi-dangers, pas ciblées sur un ou deux joueurs. On a plusieurs armes, et certaines peuvent sortir aussi du banc. On est construit de cette façon. Maintenant, on doit être un peu plus efficace défensivement, même si on n’est pas profilé pour cela.

Cela vous vient d’où cet ADN offensif ?
J’aime avant tout le beau jeu. Chacun a sa philosophie, mais j’aime avoir beaucoup de talents offensifs individuels et pouvoir les faire jouer ensemble, avec une multitude de possibilités : des shooteurs, des mecs qui drivent, qui peuvent poster (ndlr : attaquer dos au panier), qui s’écartent… Certains pensent que pour gagner, il faut bien défendre. C’est un grand débat… Mais que signifie bien défendre ? Le basket offensif n’est pas forcément “mal défendre”. À partir du moment où tu multiplies les possessions, tu prends aussi plus de risques d’encaisser des points. Si tu joues en 24 secondes (temps imparti à une équipe pour shooter), tu vas tourner sur 55 possessions. À 45 % de réussite, tu peux maintenir l’adversaire à 70-75 points. Quand tu joues proche des 70 possessions, comme nous, tu donnes plus de possibilités à l’équipe adverse.

J’aime avoir beaucoup de talents offensifs individuels et pouvoir les faire jouer ensemble, avec une multitude de possibilités : des shooteurs, des mecs qui drivent, qui peuvent poster (ndlr : attaquer dos au panier), qui s’écartent…

Sébastien Lambert (coach du C’Chartres Basket)

Vous régalez-vous plus à regarder un match de NBA qu’un match d’Euroligue ?
Non, pas du tout. Ce n’est pas parce qu’on a un basket offensif, qu’on est obligé d’être un basket NBA. On a un jeu typiquement européen, on partage le ballon. Je ne loupe pas un match d’Euroligue. La NBA, je n’aime pas, et notre jeu n’a rien à voir avec la NBA.

Le carton du CCBM face à Orchies le 6 février 2020

Pourquoi vous n’aimez pas la NBA ?
Ce n’est pas un basket collectif, c’est un basket basé sur l’individu, sans aides défensives. L’Euroligue, c’est tout l’inverse, même s’il peut y avoir un joueur qui sorte du lot. Mais ce n’est pas toujours le même.

« Je suis monté en ProB, avec Saint-Quentin et Chartres, avec ce style-là »

Une équipe offensive rime avec spectacle comme vous avez pu en produire face à Orchies…
C’est plus plaisant. Certains vont dire que le basket offensif ne gagne pas, je ne suis pas d’accord. Je suis monté en ProB, avec Saint-Quentin et Chartres, avec ce style-là (3). Et l’an dernier, on était encore à 89 points de moyenne (88,1 pts) !

(1) Deux matches perdus sous la barre des 80 points : 87-82 au Havre et 93-86 contre Caen.
(2) Scoring du 5 majeur (14,2 points) : Maxwell (19,6 pts), Siegwarth (15), Diarra (13,3), Romain (11,6), Ammour (11,5). Seule une équipe fait légèrement mieux, Besançon (14,29 pts).
(3) Lors de la saison 2011-12, avec Saint-Quentin, il termine champion avec 83,4 points de moyenne. En 2017-18, il monte avec Chartres en ayant la 2e attaque de la saison régulière (84,7 pts) et en affichant une moyenne de 87,2 points sur les six matches de play-offs.

Les plus cartons du CCBM en N1

Cette saison, Chartres, qui a dépassé cinq fois la barre des 100 points, affiche la 1re attaque de N1 avec 94,7 points/match. Voici les cinq plus gros cartons réalisés par le CCBM depuis 2011 (sa montée en N1).
112-93 (coach : Lambert) Face à Rueil, le 7/02/2020.
111-92 (coach : Lambert) Face à Besançon, le 16/12/2020.
111-71 (coach : Lambert) Face à Rueil, le 14/10/2017.
109-81 (coach : Lambert) Face à Orchies, le 6/02/2020.
82-106 (coach : Namyst) A La Rochelle, le 16/04/2016. 

Chartres – Andrézieux, mardi 9 février à la halle Jean-Cochet (20 heures).
CCBM : Romain, Siegwarth, Doumbia, Siegwarth, Chelle, Kabongo, Ammour, Munanga, Diarra, Maxwell (USA).
Andrézieux : Malonga, Labouize, Sadiku, Pierard, Piotrowski, Green (USA), Preira, Noël, Yangue, Ballo.

Jean-André Provost

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